26.4.07

Bizarres bizarreries

Okem. Je vous présente un texte que j'ai écrit pour le cours de création littéraire. Je vous explique un peu la situation: J'avais écrit 325 mots qui donnaient un résultat pas particulièrement bon et j'avais déjà tout dit ce que je voulais dire. Bref, il me restait 800-900 mots à plaquer, ça et là, comme ça, pour atteindre 1200.
Ça l'a donné un drôle de résultat qui me rend perplexe.

Un enfant, qu'est-ce donc?
Un morceau d'amour égaré,
un miroir, une victime,
un signe du temps en marche.

Francis Bossus


Big Brother et sa progéniture


Le monde est croche.
C'est l'impression que j'ai à chaque fois que je penche légérement la tête vers la gauche.

Trois heures du matin. Fuck.
Elle était plutôt bien là-bas. Zombie.
Elle lève l'encre du Quai des brûmes, les yeux embrumés, les membres engourdis et la tête en fête de trop-plein d'alcool. Zoé danse, elle rit, elle saute toutes les craques du trottoir. Si elle en touche une, le jeu est terminé. Mais elle est douée.
Elle descend St-Denis, emportée par les flots houleux. Elle tourne à gauche sur Rachel et marche. En fait, elle titube bien plus qu'autre chose. Son cervelet baigne tellement qu'elle a oublié de faire le plein à la Banquise. Tant mieux, sa taille ne s'en tirera que bien mieux.
Elle chante à tue-tête, elle chante comme une vraie casserole. C'est sans importance; en réalité, c'est ce qui fait vraiment la beauté de la chose. Et tant mieux si elle peut en réveiller quelques un au passage, ça lui ferait tellement plaisir.

  • Parc Lafontaine à l'horizon! À tribord, toute!

    Prévisible.
    La noirceur du ciel l'avait endormi, mais Zoé vient déranger son repos. Elle s'y échoue.

Elle pique une course jusqu'au premier arbre qu'elle aperçoit: elle y grimpe à toute vitesse, comme si elle devait sauver sa peau.

  • Victoire!

  • Fais attention Zo, je crois pas que tu sois dans l'état de faire toutes tes galipettes abracadabrantes habituelles!

  • Ohé, allo !? je suis ici pour m'amuser Big. Ferme ta gueule et laisse-moi faire le singe à ma guise ! On va bien se marrer! Et anyway, je suis pas saoule, je suis en pleine forme! Je peux courir le marathon pour te le prouver! Je suis une femme forte à l'épreuve de tout! Je suis intouchable! Rien ne peut m'arriver du haut de cette forteresse! Tu devrais monter toi aussi ! On serait les rois du monde là-haut! On pourrait voir à l'autre bout de la planète, on verrait des Australiens sur la plage, les chanceux!

  • Non, je marche pas. T'es folle. On devrait t'enfermer à l'azile. Je sais absoluement pas ce qui m'a passé par la tête...

  • Ah! come on Big. Aller, laisse-moi jouer à Batman. Tu sais, comme quand on avait huit ans. C'est moi qui serais Batman et j'aurais une belle cape noire et j'aurais la gentillesse de te laisser jouer le rôle de Robin si tu veux! Tu sais? Ou on peut jouer à la cachette dans le noir si ça te plait. Quoiqu'à deux, c'est pas génial. Non, je sais ! On pourrait aller chez moi et enfiler nos déguisements de brutes et faire sauter des pétards pour réveiller le voisinage! Non, j'ai une meilleure idée ! On pourrait se balancer. Tu viens ? Pousses-moi, encore plus fort, pousse-moi jusqu'au ciel, je vais aller dormir sur la Lune! Ou bien on pourrait toujours jouer aux cowboys du farwest. Pow pow t'es mort!

Elle est là, dans son arbre-gardien, avec ses fusils et son chapeau de cowboy imaginaires. Devant rien.


  • Une vraie enfant. Tu m'étourdies. T'en a rien à fouttre d'avoir l'air d'une vraie attardée ?

Elle descend de l'arbre, offensée par ce commentaire. Touchée, coulée.
Elle regarde le sol et elle gueule.

  • Bordel que t'es plate! T'as raison Big. J'suis crissement une enfant bien avant d'être une jeune femme. J'en ai rien à fouttre qu'on me trouve idiotte: JE SUIS IDIOTTE! Une vraie! J'aime ça faire la conne, j'aime ça faire le bébé, courir partout, crier pis me mettre dans la marde. J'adore ça, tu comprends? J'adore ça parce que le monde , il est croche, ok ? Il est croche en esti. Il est croche parce qu'il faut marcher droit tout le temps. Comme un funambule. Moi, je tombe à tout coup! Ça me tue! J'aime mieux marcher à l'envers tu comprends? Mettre une perruque blonde bouclée et des lunettes de soleil alors que j'suis toute seule dans mon appartement et que c'est la nuit, tu vois ? Montrer à tous les gens du restaurant la nourriture qui est toujours dans ma bouche et que j'ai longuement mastiquée, ça m'amuse, tu saisis?

Il commence à pleuvoir. Des gouttes qui pèsent lourd.

  • Je te fais rentrer Zoé ? Je sais pas si tu sais, mais la sensation d'être trempée, c'est pas fou et puis tu vas attrapper le rhume.

  • Du rhum t'as dis ? Oui, je veux du rhum! Du rhum partout sur moi, dans moi. Faire éclater ma cervelle avec du rhum. Tu devrais en prendre toi aussi . Tu serais un peu plus drôle...

  • Le rhume, j'ai dit.

  • Ah... le nez bouché par le trop-plein de morve, la gorge qui brûle pis toute ?

  • Ouai c'est ça, pis toute.

  • Non, t'as rien compris. T'AS CRISSEMENT RIEN COMPRIS. NUL, NIET, NADA, QUE DALLE!

Zoé se jette par terre après avoir hurlé de toute ses forces et se met en boule tout en parlant au sol.

  • Big, pourquoi t'es méchante avec moi? Je suis pas fait en chocolat tu sauras, mais maintenant je voudrais me faire toute petite et visqueuse, comme un escragot. Qu'on me piétine, qu'on m'oublie. Je voudrais me faire avaler par une marre de sable mouvant. Je voudrais m'envoler, faire un tour de tapis volant avec Georges Clooney et avoir une amie licorne. Je voudrais pouvoir écouter mes films préférés de Disney pendant des après-midi entières et croire encore au Père Noël. Je vourais porter des petites robes d'été, tu sais, sans que les hommes posent leur gros yeux de boeufs sur moi. Qu'on me trouve cute, pas sexy. Je voudrais trouver que les hommes sont «yash caca» et qu'ils ne fassent plus partie de mes bobos.

Je t'aime Big, ne me tues pas.

  • Ne me tues pas Big. Pas tout de suite. Viens, on va aller regarder les étoiles dans un champ de blé d'inde loin d'ici. Je veux aller cueillir des framboises et sortir du champ la figure toute beurrée. M'égratigner les genoux sur le ciment en jouant à la corde à danser. Avoir peur du monstre dans mon garde-robe. Aimer les happy end. Aimer mes poupées. Prendre la poudre d'escampette dans une bulle de savon.

Changer d'air.

  • Je veux remettre le monde à l'endroit Big. Je suis trempe. Le sol est froid. Comme mon corps qui craque de partout. Raide. Je vais me briser en deux, comme une vieille.

Rêver.

  • Je vais m'assoupir ici Big. Parle-moi, fais-moi bouger, fais-moi faire des singeries encore et toujours! Pourquoi tu me laisses divaguer sur le sol mouillé du Parc Lafontaine ? Fais quelque chose! Au pire, mange-moi! Je vais aller me terrer dans ton ventre chaud. Je vais y rester neuf mois si tu me le permets.Je prendrai pas beaucoup de place, ok ? Fermer mes yeux, serrer les dents et souhaiter y ressortir comme neuve. Tu m'as laissé tomber Big ? T'as pas le droit. T'as pas le droit, on est lié Big. On est dans ta tête, toutes les deux. J'existe pas si t'es pas là. J'existe pas.

J'ai redressé la tête.

Audrey Lalonde (MOI!!!), avril 2007.




18.4.07

Be yourself

Des fois, je me dis que j'suis un peu bizarre. Peut-être que vous ne vous en rendez pas compte parce que j'ai vraiment le profil de la fille ordinaire, mais pour avoir vécue avec moi 24h sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par années durant 18 ans et 8 mois et 5 jours, je peux vous confirmer que des fois j'suis dur à suivre ... des fois.

Bon, j'sais pas trop pourquoi l'envie d'écrire ça m'a prise. J'ai absolument rien d'autre à rajouter sur ce point.


Oh, 24 mai à partir de 11h, journée de libération. Wouah.

14.4.07

Juillet 2007!

Oooooh yeah!
On a trouvé notre nouvel appart! C'est la joie. Un 8 1/2 (ou 7 1/2, comme vous voulez) au coin de Delorimier et Rachel! Avec vaissellier encastré, moulures et salle de lavage!
Niceee job. Et puis on a une terrasse, vous viendrez souper et boire du viiiin che nous!
Photos à venir peut-être! :)

11.4.07

j'ai pas de titre

Comme ça s'annonce, je ne partirai pas cet été... au mieux me pousser en Gaspésie le temps de quelques jours ou encore me pousser au B.C. à la dernière minute. On verra.
Cependant... je compte bien faire un peu d'argent à mettre de côté. Et justement, planifier d'avantage un voyage.. y penser un peu plus.
Aménager notre nouvel appart.
Retrouver les voyageurs qui reviendront... en espérant qu'on se reconnaitra... du moins un peu.

Bref.

J'ose maintenant vous présenter le retravaille d'une de mes nouvelles écrites dans le cadre du cours de création littéraire. Alors, riez surtout. Patrice a rit, lui. et moi aussi. hahaha

Confession d'une jeune charcutière



Je suis charcutière. Une jolie jeune charcutière fraichement légale. Une jolie jeune charcutière qui ne sent pas la vieille viande ni le vieux fromage après le boulot. Non, une jolie jeune charcutière qui sent la mangue et la pêche sucrée. Je réussis même à être sexy dans mon uniforme de charcutière. Dans mes périodes de lunatisme, je m'imagine poser pour un magazine porno avec mon seul tablier de charcutière et un gros jambon dans les mains. De quoi en faire durcir plus d'un.


Vous voyez, j'ai tout pour être heureuse. Une charcutière qui réussit à sentir toujours bon, c'est synonyme de bonheur. Pourtant, lorsque je les vois, ces clients maudits, s'empifrer dans mes assiettes de dégustation, une haine intérieure monte. Une haine légèrement impertinente qui me donne une irrésistible envie de leur balancer des insultes au visage : « Eille grosse tache, c'est pas juste pour toi les dégustations, connasse. Tu vas ressembler à une baleine échouée qui a découché et qui a un doigt pogné dans le cul si tu ne cesses pas tout de suite. Un peu de baloney avec ça ? », le tout assorti d'un petit sourire trop sincère. J'en rêve la nuit et j'en mouille pratiquement.


Je méprise aussi les adeptes de la procrastination, toujours à la dernière minute :


  • Eille ma chouette, je peux-tu avoir du poulet pressé ?

  • Monsieur, il est sept heures et deux. On ferme à sept heures. J'ai déjà lavé mon trancheur et puis vous aviez toute la journée pour venir chercher votre viande séparée mécaniquement... et ça ne se dit pas « je peux-tu.. »...

  • Ben là, je peux-tu l'avoir mon simi-poulet? J'veux mon poulet pressé gaspésien et je le veux là, maintenant!

  • D'accord. Venez baiser mon cul après.

Ce qui me donne vraiment le goût de vômir ? Les bourgeois téteux qui oublient trop souvent que deux milliards de personnes sur la planète crèvent de faim alors qu'eux, ils veulent de plus belles tranches de prosciutto:


  • Mademoiselle, je ne veux pas de ces petites tranches rabougries de prosciutto.

  • Mais monsieur, le goût est le même. C'est le début de la pièce, les morceaux sont plus petits mais ça ne change absolument rien..

  • Mais j'ai dit que je ne voulais pas de ces tranches rabougries. Pouvez-vous couper et jeter le début de la pièce pour que je puisse avoir les tranches du milieu ?

  • Mais monsieur, ce prosciutto vaut 69,99$ le kilo. Je ne peux absolument pas gaspiller toute cette viande pour vous faire plaisir...

  • Mais ce sont les tranches du milieu que je veux.

  • Revenez dans deux jours, sale porc! et n'oubliez surtout pas de me caresser les tétons.


Un soir, en sortant du boulot, j'ai étrangement ressenti un sentiment de culpabilité suite à toutes ces pensées impures. Je dois avouer que ça m'a fait tout drôle: c'était la première fois que je me sentais de la sorte. J'ai aimé ça. C'est comme lorsque je baise trois fois dans la journée, je me sens mal face à ma petite chatte, mais j'ai aimé ça.

C'est pourquoi j'ai décidé d'aller me repentir dans le confessionnal du curé de mon quartier. Sincèrement, j'ai toujours été un peu perplexe face à ces gens curieux, surtout depuis que j'ai pris connaissance de l'existence d'une Association des victimes des prêtres pédophiles. Quoiqu'en réalité, ça m'excite, moi, une soutane de curé:


  • Je vous rend visite monsieur car j'ai péché.

  • Oh mon enfant, les péchés font parties de la vie mais pour t'en faire pardonner, confis-toi à moi et Dieu te rendra justice.

  • Je suis sexy monsieur. Je suis charcutière aussi mais je sens bon. Lorsque je travaille, j'ai des pensées salaces et je ne me gène pas pour les communiquer à mes clients. Je m'amuse à les insulter aussi. Je les trouve dégoûtants vous savez. Je leur vômirais dessus si je n'avais pas un moindrement d'orgueil. Mais reste que je rêve de toucher leur...

  • Oui, continuez.

  • Toucher leur membre tout dur monsieur. Qu'une de ces pauvres dames moustachues me...

  • Oui continuez.

  • Me mange la chatte monsieur. Est-ce que je peux voir sous votre soutane, petit cochon ?

4.4.07

2 mois : le bonheur, ou presque.

6e fin de session qui s'annonce.
Toujours le même stress, la même démotivation, le même goût de toute crisser ça là à la dernière minute. bref, toujours le même combat plate.
Anyway, semble-t-il que je réussis toujours à plutôt bien m'en sortir. alors, pas de panique.

Sauron a finalement quitté l'appart cet après-midi pour mieux s'installer dans son nouveau chez-soi. C'est con, mais on s'attache a ces petites bêtes là. hahaha. Le narrateur omniscient de ma vie aura peut-être même surprit quelques larmes.
Putain d'fille. Putain d'moi hypersensible. hahaha. mais c'est drôle. Chartreux toute seule maintenant... elle va définitivement vieillir plus rapidement sans le jeunot intrépide.

brouhaha sans arrêt. remise en question sur bien des plans. Définitivement besoin de bouger, mon corps s'emmerde royalement. Besoin de voir du monde, la vie en solitaire ça m'abrutit, croyez-le ou non. Besoin de m'émerveiller, la routine me tue! Besoin de projets concrets, trop peu de motivation sinon.

RIP duo
Blacki et Grisou
Sauron et JohnnyCash-JohnnyDeep-MichelChartreux